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Jeanne d'Arc naissance d'un mythe Jeanne d'Arc meure le 30mai 1431, sous l'impulsion de sa mère Isabelle de Romée sa réhabilitation aura lieu le 7 Juillet 1456 à Rouen. L'Église, sous la pression du roi Charles VII, a désavoué publiquement le tribunal qui a condamné Jeanne, cassant le procès initial pour « dol, calomnie, fraude et malice » , affirmant dès cette époque que Jeanne n'a « encouru aucune note ou tâche d'infâmie » et faisant apposer une croix sur le lieu du supplice « à la perpétuelle mémoire de la défunte ». Puis peu à peu son souvenir s'estompe... Mais fin XIXème la perte de l'Alsace et de la Lorraine va entrainer un fort sentiment nationaliste. Pour l'historin Jules Michelet en 1841 Jeanne d'Arc est de « gauche » — fille du peuple, oubliée par le roi Charles VII, martyrisée par l'Église, héroïne du peuple « Souvenons-nous toujours, Français, que la patrie chez nous est née du cœur d'une femme, de sa tendresse et des larmes, du sang qu'elle a donné pour nous. » En 1869 monseigneur Félix Dupanloup, évêque d'Orléans met en route le processus de canonisation afin de faire de Jeanne d'Arc le symbole de la chrétienne luttant pour sa foi et sa patrie. Ce procès permet, après un demi-siècle de procédure (2 novembre 1874-16 mai 1920), interrompue par la Grande Guerre, de déclarer Jeanne Bienheureuse en 1909... Début du XXe siècle, le souvenir de Jeanne d'Arc connaît un succès croissant. La Pucelle d'Orléans symbolise alors le nationalisme français et l'esprit de revanche. Les termes de l'affiche sont explicites à ce sujet, de même que la présence d'une Alsacienne en costume traditionnel, agenouillée. En outre, par l'essence divine de son combat, Jeanne d'Arc apporte une justification religieuse à celui de la France face à l'empire allemand. Enfin, à une époque où le rôle des femmes dans la société est particulièrement codifié, Jeanne en armure représente l'archétype de la femme guerrière, une réalité bien lointaine, que le reste du siècle verra se concrétiser.
Canonisée le 9 mai 1920 par le Pape Benoit XV, une loi française du 24 juin 1920 promulguée par le président Paul Deschanel dispose que : La République française célèbre annuellement la fête de Jeanne d'Arc, fête du patriotisme. Cette fête a lieu le deuxième dimanche de mai, jour anniversaire de la délivrance d'Orléans. Il sera élevé en l'honneur de Jeanne d'Arc, sur la place de Rouen où elle a été brûlée vive, un monument avec cette inscription : LE PEUPLE FRANÇAIS RECONNAISSANT Sous la Révolution Nationale de Pétain c'est moins celle qui a combattu l'envahisseur qui est célébrée que Jeanne la terrienne, bonne catholique et surtout anglophobe. D'ailleurs des affiches de propagante sont publiées régulièrement.
« Jeanne appartient au nationalisme français dans ce qu'il a de plus réaliste, de plus profond et de plus attaché à la terre. » Lors de l'année 1944, au plus fort des bombardements alliés, un tract distribué lors de la fête de Jeanne d'Arc proclame : « Pour que la France vive il faut comme Jeanne d'Arc bouter les Anglais hors d'Europe ». Une affiche de propagande collaborationniste met en parallèle le bûcher de Jeanne d'Arc et le bombardement de Rouen par la RAF: "Les assassins reviennent toujours sur le lieu de leur crime".
Du coté Allié d'outre manche les affiches sur Jeanne d'Arc comme source d'inspiration apparaissent aussi A gauche la traduction est : "Jeanne d’Arc a sauvé la France Femmes d’Amérique, sauvez votre pays Achetez des timbres de guerre"
Jeanne est aussi évoquée dans les rangs de la Résistance par les œuvres d'Aragon ou de Jules Supervielle. mais elle semble devoir estampiller toutes les manifestations de l'extrême droite nationaliste et colonialiste après la guerre. Lorsque Jean-Marie Le Pen crée le Front national, en bon connaisseur de la mythologie de l'extrême droite, il choisit l'image de Jeanne d'Arc pour en faire le symbole à opposer à tous les « envahisseurs », c’est-à-dire les étrangers et immigrés. Bruno Mégret écrit le 7 mai 1987, alors qu'il est député de l'Isère : « Elle est là pour nous dire que nous appartenons à une communauté qui nous est propre, qui est différente de celle des autres et dont nous devons être fiers parce ce que c'est la nôtre et celle de nos ancêtres ». Le Front national institue sa propre fête de Jeanne d'Arc le 1er mai et fait de cet événement le point d'orgue de ses manifestations. L'image de Jeanne d'Arc fait l'objet depuis la fin XIXe siècle de tentatives de récupération par différents partis politiques tant de la gauche que de la droite, et par différents courants de pensée philosophiques ou religieux pour des raisons parfois contradictoires, faisant même de Jeanne d'Arc en France un personnage officiel (loi de 1920). Pour terminer je me permet d'évoquer les paroles pleines de sagesse du Président de la Ligue des patriotes de 1914-18 « Chacun de nous peut personnifier en elle son idéal. Êtes-vous catholique ? C'est une martyre et une sainte que l'Église vient de mettre sur les autels. Êtes-vous royaliste ? C'est l'héroïne qui a fait consacrer le fils de saint Louis par le sacrement gallican de Reims... Pour les républicains c'est l'enfant du peuple qui dépasse en magnanimité toutes les grandeurs établies... Enfin les socialistes ne peuvent oublier qu'elle disait : "J'ai été été envoyée pour la consolation des pauvres et des malheureux." Ainsi tous les partis peuvent se réclamer de Jeanne d'Arc. Mais elle les dépasse tous. Nul ne peut la confisquer. » |
| Les représentations de Sainte Jeanne d'Arc en statues vitraux peintures films jeux video...en france et dans le monde. |